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Jean-Baptiste Gouraud nous fait découvrir un de ces peintres favoris, un parcours extraordinaire et des œuvres qui vont marqué l’histoire de l’art. Honoré Fragonard est né à Grasse le 5 avril 1732 et a commencé à travailler comme apprenti dans l’atelier de Jean Baptiste Chardin en 1746. A partir de 1748, il étudie avec François Boucher et en 1752, il remporte le Prix de Rome. Quatre ans plus tard, après s’être préparé à l’École des Élèves Protégés à Paris, Fragonard part pour Rome, où il restera jusqu’en 1761. Bien que ses professeurs ne soient pas particulièrement séduits par son travail, le jeune homme parcourt le pays en réalisant des dessins romantiques de jardins et de paysages italiens qui serviront de base à des peintures réussies à son retour en France : des représentations pastorales de paysages imaginaires avec des habitants tout aussi imaginaires. Avec la présentation d’un travail historique sérieux, Fragonard est admis à l’Académie Royale, en 1765. Il épouse Marie-Anne Gérard, peintre de miniatures, le 17 juin 1769, et a une fille, Rosalie, qui devient l’un de ses modèles favoris.Honoré Fragonard est né à Grasse le 5 avril 1732, il commence à travailler comme apprenti dans l’atelier de Jean Baptiste Chardin en 1746. A partir de 1748, il étudie avec François Boucher et remporte le Prix de Rome en 1752.
Quatre ans plus tard, après s’être préparé à l’École des Élèves Protégés à Paris, Fragonard part pour Rome, où il restera jusqu’en 1761. Bien que ses professeurs ne soient pas particulièrement séduits par son travail, le jeune homme parcourt le pays en réalisant des dessins romantiques de jardins et de paysages italiens qui serviront de base à des peintures réussies à son retour en France : des représentations pastorales de paysages imaginaires avec des habitants tout aussi imaginaires. Avec la présentation d’un travail historique sérieux, Fragonard est admis à l’Académie Royale, en 1765. Il épouse Marie-Anne Gérard, peintre de miniatures, le 17 juin 1769, et a une fille, Rosalie, qui devient l’un de ses modèles favoris.
Bien que le style rococo devienne démodé, ce plus prolifique des artistes continue à peindre des œuvres légères pour de riches mécènes et en 1773, il effectue un voyage d’un an en Italie, dont découlent plusieurs paysages magnifiques dans les deux années qui suivent. Les peintures de Fragonard devinrent plus intimes par la suite, puis plutôt limitées après 1784. Bien que perdant des mécènes aristocratiques, Fragonard s’adapte à la Révolution de 1789, et à partir de 1794, il participe à la création et à l’administration du nouveau Musée national, poste dont il est démis en 1799. Il reçut une pension de l’État en 1805, mais mourut à Paris le 22 août 1806 dans une relative obscurité, largement oubliée jusqu’aux biographies des frères Goncourt et à la naissance de l’impressionnisme.

Les œuvres de Jean Honoré par Jean-Baptiste Gouraud

The Lover Crowned-Jean-Honoré-par-Jean-Baptiste-Gouraud

The Lover Crowned, 1771-73. Huile sur toile. 243 cm. x 318 cm. Collection Frick, New York

D’après Jean Baptiste Gouraud, le style rococo en peinture, établi en France au début du siècle par Antoine Watteau, était sensuel et accompli, faisant appel au goût sophistiqué des mécènes aristocratiques. Une grande habileté a été mise en œuvre dans ses couleurs lumineuses, ses surfaces complexes, ses contrastes de textures raffinés, ses brossages libres et ses compositions asymétriques basées sur le jeu des lignes courbes et des masses. Le jeu de l’amour est souvent traité de manière ludique et Fragonard donne à la fête galante de nouvelles orientations. Là où Watteau était réservé et mélancolique, Fragonard était ludique, voire frivole, en dépeignant des situations irréelles dans des décors irréels. Personne ne pouvait dire que  » L’Amant couronné  » était une représentation honnête de la France à l’époque, ni même à aucun moment. La lumière du soleil baigne un jardin luxuriant de roses et d’autres fleurs. Une statue est gardienne, ou plutôt dort, et au-dessus de la scène se dressent des masses d’arbres aussi insignifiantes que des nuages d’été. Une jeune femme, habillée de façon élaborée et décorée de fleurs, est sur le point de couronner un jeune homme comme le vainqueur de ses affections.

Un luth et un livre de musique ouvert se trouvent à ses côtés, et un autre jeune homme dessine son portrait. Un jeune homme ? Ni l’un ni l’autre ne semblent plus que des garçons habillés en costumes de pantomime, bien qu’indéniablement coûteux. Des peintures si proches du style  » boîte de chocolat  » ne sont pas faciles à apprécier aujourd’hui, et Fragonard n’a certainement pas fait appel à la conscience sociale de la France révolutionnaire, ni au nouvel esprit mercantile du Second Empire. Même le contemporain Denis Diderot chargea l’artiste de frivolité et lui demanda de se montrer  » un peu plus respectueux de lui-même « . Oui, on peut noter la légendaire facilité de Fragonard, la délicatesse du pinceau, les couleurs éclatantes, la tonalité argentée de l’atmosphère, l’exubérante gaieté de l’humeur, mais les réalisations ne sont-elles pas maintenant aussi passées que les friperies de la mode de la saison dernière ?
La réponse, je pense, est que nous devons voir les peintures, et en fait toutes les œuvres d’art, dans le contexte de leur propre époque et de leurs conventions. L’Angleterre était gouvernée par le Parlement au moyen d’impôts, mais l’aristocratie française était tenue à l’écart des méfaits par l’obligation de se présenter à la cour. Avec de l’argent et
Mais sans pouvoir réel, beaucoup de gens sous l’ancien régime passaient leur temps dans des divertissements légers, où la vie devenait une forme d’art (comme c’est encore le cas dans les classes supérieures françaises). Fragonard était populaire au début des années 1770, surtout auprès de la Comtesse du Barry, la maîtresse de Louis XV, qui lui commanda plusieurs pièces décoratives pour son château de Louveciennes, près de Paris. Les plus célèbres sont un ensemble de quatre panneaux intitulés  » La prise d’assaut de la citadelle, la poursuite, la déclaration d’amour  » et  » L’amant couronné « . Malheureusement pour Fragonard, mais au profit de la Collection Frick, les pièces furent rejetées et remplacées par l’œuvre de Joseph-Marie
Vien, qui a peint dans un style plus néoclassique.
Comme Boucher, il a gardé ses couleurs du côté acide. Toutes les zones imaginables de  » The Lover Crowned  » sont remplies de détails, mais ces détails ne sont pas négligeables car ils sont organisés et subordonnés au thème général. Les trois figures forment un triangle, et ce triangle est répété dans les masses ombragées du feuillage et de la statue, et encore dans la masse écumante des arbres qui encadrent à moitié les nuages légers. La tête de la jeune femme est accentuée par un fond sombre. Le même dispositif, à l’inverse, est utilisé pour accentuer le portraitiste et la statue au-delà. Ces fortes diagonales qui conduisent l’œil vers le coin supérieur gauche du tableau sont équilibrées par des diagonales tout aussi fortes vers le coin supérieur droit. Le jardin semble être une masse d’arbres, d’arbustes, de fleurs et de figures qui s’effondrent, où les contrastes (essayez de fermer les yeux à moitié) font un équilibre toujours vivant des formes.
Fragonard peignait rapidement, mais avait un excellent sens de la composition, apparemment sans art. La plupart des artistes planifient leurs compositions avec soin, mais chez Fragonard le don semble inné, comme s’il composait au fur et à mesure ces formes et ces masses vibrantes, ce qu’il a peut-être fait, bien qu’il ait aussi fait appel à de nombreux dessins réalisés au cours de ses voyages en Italie. Toute cette subtilité du geste et harmonie des couleurs et des proportions vont inspirer tout mes œuvres comme beaucoup d’autre artistes, nous témoigne Jean Baptiste Gouraud.

Jean-Baptiste Gouraud analyse la toile de Jean Honoré Les chutes de Tivoli Jean Honoré

Jean Baptiste Gouraud-Jean Honoré

61 cm. x 73 cm. Louvre, Paris.

L’œuvre est généralement datée du début des années 1760 et montre l’influence de Tiepolo dans sa palette, mais pas dans son thème. L’œuvre, entrée au Louvre en 1869, au moment où les réalisations de Fragonard étaient réévaluées et reconnues, reflète le goût du XVIIIe siècle pour le pittoresque ; un style qui, même s’il est souvent dévalorisé, est toujours populaire auprès des visiteurs en Italie. Les couleurs de Fragonard sont plus douces et plus chaudes que dans la pièce ci-dessus, et il y a des effets atmosphériques agréables qui donnent une sensation de profondeur mise en scène. Les détails sont également plus étroitement harmonisés au sein de la composition : la couleur beige clair du lavis est répétée dans le feuillage en face, la maçonnerie et dans la pierre de couronnement du pont. Le rouge de la chemise de la figure qui regarde l’eau n’est que la fin d’une série de bruns riches et sombres et de couleurs rose-orange laiteuses qui contrastent avec les verts bleutés du feuillage. Le petit bleu que l’on voit dans le ciel est atténué, et semble être la continuation de la gorge remplie d’embruns que l’on voit à travers le pont.
La composition est basée sur des oblongs et des arcs répétés, le dernier dans le pont lui-même et le
les entrées arrondies des bâtiments à gauche et à droite. Un élément clé est la disposition de l’ombre et de la lumière, avec un pont ombragé juxtaposé entre les zones de lumière du soleil au premier plan et le ciel et l’arrière-plan en sourdine. Cependant, aucune zone n’est un ton ininterrompu. L’arrière-plan montre les chutes d’un ton plus élevé que le ciel. L’ombre au sol du milieu est brisée par la pierre de couronnement du pont, le feuillage attrapant le soleil à gauche et par des figures à droite assises ou travaillant devant le bâtiment avec des intérieurs sombres. Au premier plan, les outils des ouvriers et le linge laissé à sécher sont très contrastés.
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